QUESTIONS DES LECTEURS : Mon chien a perdu le DVD que j’avais emprunté à la bibliothèque. On me demande de le rembourser *saisissez ici une somme exorbitante*€ alors que le film coûte 5€ à Quatrefours !

Question n°57 de Psicou Loncle, 70 ans Mon chien a perdu le DVD que j’avais emprunté à la bibliothèque. On me demande de le rembourser *saisissez ici une somme exorbitante*€ alors que le film coûte 5€ à Quatrefours ! 

Devinette du jour : comment les bibliothécaires peuvent-ils acheter leurs châles, leur café et leur p’tit cubi d’rouge ?

Solution : en faisant payer au lecteur des sommes mirobolantes lors de la perte de documents  ! C’est pourtant mathématique : 1 DVD abîmé et remboursé = 1 bibliothécaire habillé pour l’hiver.

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OU ALORS

Parlons peu, parlons bien, parlons gros-sous.

Reprenons depuis le début par la lettre A (comme arnaque).

Non, plutôt par la lettre PU (car oui, pu est une lettre) : en France, c’est facile, tous les livres ont le même prix (à 5% près). On appelle ça bestialement le « PRIX UNIQUE DU LIVRE« .

Le SNE résume ça assez clairement : « […] la loi sur le prix unique du livre (dite loi « Lang ») est entrée en vigueur le 1er janvier 1982 en instaurant le système du prix unique du livre en France : toute personne qui publie ou importe un livre est tenue de fixer pour ce livre un prix de vente au public. Quelle que soit la période de l’année, ce prix doit être respecté par tous les détaillants (grande surface spécialisée, hypermarché, maison de la presse, grossiste, librairie traditionnelle ou en ligne), qui n’ont la faculté d’accorder des rabais que s’ils sont limités à 5 % du prix déterminé par l’éditeur. »

Cela signifie que si vous perdez/abîmez/mangez un livre, le bibliothécaire vous demandera au choix : de le racheter ou de le rembourser (ou alors il est sympa et il laissera tomber – mais ceci est une autre histoire). Où que vous irez, le document sera au même prix (d’où l’intérêt de privilégier les petites librairies).

BIEN !

Couplons ceci avec le DDP, comme droit de prêt. (Faut bien faire manger les auteurs). Car si le bibliothécaire vous demande de payer la somme exacte du livre et pas 1 centime de plus, c’est grâce à l’Etat qui paye le DROIT DE PRÊT pour vous. Ben oui, il verse 1,50 € par inscrit en BM et 1 € en bibliothèque universitaire.

MAIS VOILA

Nous allons bientôt toucher le fin fond du problème, racler la vase de l’étang et manger les pissenlits par la ra… non, je m’égare.

L’Etat prend donc en charge le droit de prêt des livres… mais pas celui des DVD.

OR

une bibliothèque municipale ne peut pas prêter des documents au petit bonheur la chance, comme elle l’entend. Ça serait trop simple. Elle doit avant tout s’acquitter de droits auprès d’un fournisseur agréé.

Et là, le vidéothécaire, jusqu’alors débonnaire, commence à tirer la tronche et à sombrer dans une profonde dépression. Tombe dans une spirale infernale, devient alcoolique, se drogue et vous demande de rembourser une somme astronomique… NON ! Cessez de m’interrompre je vous prie !

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Il existe en fait plusieurs types de droits : prêt, projection, consultation, enseignement, location… tout dépend ce que vous voulez faire. En bibliothèque, les plus utilisés sont les droits de prêt (naturellement) suivi par les droits de projection.

Chacun de ces droits entraîne un coût supplémentaire sur le DVD : à titre d’exemple, début 2017 chez le fournisseur ****, le volume 1 de la série Naruto Shippuden (sortie en 2002) est à 119€ prêt + consultation.

Chez ***, X-men est à 49€50 – alors que vous pouvez le trouver à 2€40 dans une grande surface culturelle de type FNOUC.

MAIS CE N’EST PAS TOUT !

Ce prix extravagant que paye la bibliothèque ne concerne QUE le support que vous avez entre les mains. Pour simplifier, si vous décidez de gruger discretos en rachetant un DVD à 5€ au lieu de 70€, ce n’est pas LEGAL, car le droit de prêt n’aura pas été attribué sur le DVD à 5€.

Voilà pourquoi le bibliothécaire vous demande OFFICIELLEMENT de rembourser  *saisissez ici une somme exorbitante*€.

Et ils ne pourront même pas payer leurs vacances avec votre chèque, car les sous ne retourneront pas à la bibliothèque, mais partiront au Trésor Public.

Et paf, CQFD.

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