Questions de lecteurs : Il paraît que ma bibliothèque est un 3ème lieu. J’ai horreur des 3èmes places. Comment aller dans une bibliothèque 1er lieu ?

Question n°34 de Nicole Yédepate, 54 ans Il paraît que ma bibliothèque est un 3ème lieu. J’ai horreur des 3èmes places ; Je suis une gagnante moi ! Comment aller dans la bibliothèque 1er lieu ?

Bibliothèque premier lieu

Bonjour Nicole. Je crains que vous ne vous fourvoyiez sur la signification de 3ème lieu. Il n’y a au bout de la course ni trophée, ni médaille, ni gros chèque pour habiller votre bibliothécaire.

Ce concept a vu le jour aux Etats-Unis, dans les années 1980 et distingue 3 lieux différents :

  • Le premier, c’est la maison, le foyer. En temps normal, je partirai dans une envolée lyrique, hurlant dans vos oreilles les paroles d’une chanson ou une poésie ultraconnue (Reverrai-je le clos de ma pauvre maison…) mais je sens que vous mourrez d’envie de connaitre la suite, alors je bride mes élans et continue ma prose…
  • Le second lieu, (Pierre Béarn le connaissait bien) c’est le boulot.
  • Et enfin, le troisième, celui qui nous intéresse, est dédié à des espaces de rencontres, là où les gens peuvent se réunir, débattre et échanger.

Mais « KIKEKOIKES ? » devez-vous vous demander (avec raison). Et surtout, comment ça marche ?

Et bien Ray Oldenburg <- le mec qui a assemblé la représentation du tiers-lieu (pas le chanteur (Charles), ni le fabriquant de lunettes (Ban)), ce type là donc – un sociologue – a décrété qui fallait répondre à quelques caractéristiques pour se définir comme 3ème lieu.

  • Il faut être un espace vivant et neutre. Un cimetière par exemple, ne sera pas un troisième lieu. Sauf, bien sur, si Ginette organise régulièrement une « Tea-party » avec ses copines autour de la stèle d’Igor pour débattre des coûts des enterrements en Île-de-France.
Un après-midi comme un autre au cimetière du Tiers-Lieu
  • Il faut que ce soit un lieu d’habitués qui fassent comme à la maison ! (Non, se débarrasser de son chewing-gum en le collant sur la moquette de la bibliothèque n’en fera pas un troisième lieu.)

 

  • Ça doit être un lieu qui tend à l’œcuménisme social. Un mot compliqué pour ceux qui veulent se la péter en soirée, mais qui signifie juste que ce lieu doit rapprocher les gens, les unir… (on parlait précédemment d’échanges, de débats… bref, ce genre de trucs qui ont une forte vocation sociale.)

 

  • Pour finir, cela implique une nouvelle approche culturelle, plus libre et participative.

Alors que viennent faire les bibliothèques là dedans ? Bon, je ne vais pas vous le cacher, Oldenburg s’en carrait pas mal des bibliothèques. Cependant, ses idées ont fait leur chemin et ont été reprises, notamment par les bibliothécaires (et d’autres sociologues).

C’est ainsi que l’on a vu des cafés s’ouvrir dans des bibliothèques, avec des salles à langer, des fablabs, des ateliers tricots…

Quand la responsable médiation prend quelques libertés dans ses animations

Pour résumer, le troisième lieu, c’est un lieu d’échanges, de partage des ressources, des compétences et des savoirs. Un lieu social. Un lieu de transversalités. Un lieu d’inter-actions.

Mais c’est aussi, pour les bibliothécaires, repenser sa médiation, ses services, ses collections et ses espaces.

Quand votre bibliothécaire essaye de vous convaincre : « Si, si, l’atelier macramé de 15h30, c’est parfaitement adapté pour vous. »

Bien sur, ce n’est pas parce que le terme a été repris dans un mémoire en 2009 (et qui a, pour le coup, foutrement popularisé le truc), que les espaces ouverts et conviviaux dans les bibliothèques n’existaient pas  en France avant. Ça a juste forcé la porte à une « nouvelle » réflexion autour des bibliothèques : entre le décloisonnement des espaces, la place des collections, le renouvellement des services… et, non négligeable, ça a aussi interrogé quelques élus (une biblio…quoi ?).

Mais on aime bien faire ça, en général, réinventer des choses qui existent déjà : ainsi, on aura pu voir germer les initiatives du ministère de la culture Lire en Short (qu’on appelait donc auparavant bibliothèques de rue) ou encore la Nuit de la Lecture (qui en fait est la copie des nuits en bibliothèques qui existaient déjà dans toute la France).

Marc-Antoine, bibliothécaire-médiateur-animateur-informaticien, en pleine réflexion sur la refonte des collections documentaires.

Pooopooopooo ! Ça parle mal sur l’Infra aujourd’hui !

D’ailleurs, en 2017, le Troisième Lieu c’est déjà « has-been ». Maintenant, on parle de Quatrième Lieu : un mélange entre Troisième Lieu, Learning Center et Fablab… Bref, un lieu pour échanger, mais surtout apprendre.

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