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Questions des lecteurs : Mon bibliothécaire m’a dit que j’étais usagé ! Que je n’avais qu’à consulter les notices opaques car il devait aller faire les magasins !

Question n°553 de Lance Lelo, 105 ans – Mon bibliothécaire m’a dit que j’étais usagé ! Que je n’avais qu’à consulter les notices opaques car il devait aller faire les magasins ! Mais de qui se moque t-on ?! Je refuse de me laisser insulter plus longtemps.

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Diantre, Lance ! Rangez immédiatement cette épée et asseyez-vous un peu ; nous allons vous expliquer.

Point d’insulte, point d’affront : un usager n’est pas une personne bonne à jeter. C’est au contraire un individu très recherché dans les bibliothèques publiques. En fait, les usagers sont tout simplement les lecteurs, les bouquineurs, les cinéphiles, les mélomanes, les surfeur2.0…  qui fréquentent nos bibliothèques !

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Si votre bibliothécaire préféré vous a conseillé de consulter les notices du catalogue OPAC (Online public access catalogue), c’est justement parce qu’il n’est pas opaque. Sur les ordinateurs mis à votre disposition, vous pourrez faire des recherches diverses et variées sur les collections de la bibliothèque : cherchez-vous le dernier roman d’Amélie Pasdetombe ? Bingo ! Le catalogue vous dira si le document a été acheté par votre bibliothèque, si il a été emprunté par un autre lecteur, où il est rangé…

Pour résumer, votre OPAC, c’est votre moteur de recherche. Le Google des livres de la bibliothèque. La boule de cristal de la diseuse de bonne aventure de la roulotte place du marché :  » Je voiiiiiiis… je voiiiiis un livre… avec des pages… « 

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Quant aux magasins, ce ne sont, bien entendu, pas des commerces. Ne vous attendez pas à voir revenir votre ‘thécaire avec les derniers articles en solde de la boutique d’en face.

Bien sur que non. Dans le sombre royaume des bibliothèques, les magasins sont des couloirs sombres, remplis d’étagères ou de compactus effrayants auxquels vous n’avez pas accès.

Un lieu secret et mystérieux…

Bon, d’accord, c’est un prolongement de la bibliothèque. Un espace supplémentaire où ranger des collections qui ne peuvent pas être consultées en libre service (docs anciens ou fragiles) ou parce qu’elles sont peu consultées par le public.

Foi de menteor.

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 Pour vous simplifier la vie en bibliothèque, retenez que :

Un fonds, c’est pas un fond.

Un OPAC n’est pas opaque.

L’enfer n’est pas vraiment l’enfer.

Un magasin est loin d’être un magasin.

Une cote n’est pas une côte.

Un désherbage n’est pas un désherbage.

Un champ n’est surement pas un champ.

Un index n’est pas un index.

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De rien.


Pour le reste, l’Infra-Monde vous conseille de découvrir le célèbre « dictionnaire du diable des bibliothèques » – malheureusement plus mis à jour depuis longtemps.

 

QUESTIONS DES LECTEURS : Mon chien a perdu le DVD que j’avais emprunté à la bibliothèque. On me demande de le rembourser *saisissez ici une somme exorbitante*€ alors que le film coûte 5€ à Quatrefours !

Question n°57 de Psicou Loncle, 70 ans Mon chien a perdu le DVD que j’avais emprunté à la bibliothèque. On me demande de le rembourser *saisissez ici une somme exorbitante*€ alors que le film coûte 5€ à Quatrefours ! 

Devinette du jour : comment les bibliothécaires peuvent-ils acheter leurs châles, leur café et leur p’tit cubi d’rouge ?

Solution : en faisant payer au lecteur des sommes mirobolantes lors de la perte de documents  ! C’est pourtant mathématique : 1 DVD abîmé et remboursé = 1 bibliothécaire habillé pour l’hiver.

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OU ALORS

Parlons peu, parlons bien, parlons gros-sous.

Reprenons depuis le début par la lettre A (comme arnaque).

Non, plutôt par la lettre PU (car oui, pu est une lettre) : en France, c’est facile, tous les livres ont le même prix (à 5% près). On appelle ça bestialement le « PRIX UNIQUE DU LIVRE« .

Le SNE résume ça assez clairement : « […] la loi sur le prix unique du livre (dite loi « Lang ») est entrée en vigueur le 1er janvier 1982 en instaurant le système du prix unique du livre en France : toute personne qui publie ou importe un livre est tenue de fixer pour ce livre un prix de vente au public. Quelle que soit la période de l’année, ce prix doit être respecté par tous les détaillants (grande surface spécialisée, hypermarché, maison de la presse, grossiste, librairie traditionnelle ou en ligne), qui n’ont la faculté d’accorder des rabais que s’ils sont limités à 5 % du prix déterminé par l’éditeur. »

Cela signifie que si vous perdez/abîmez/mangez un livre, le bibliothécaire vous demandera au choix : de le racheter ou de le rembourser (ou alors il est sympa et il laissera tomber – mais ceci est une autre histoire). Où que vous irez, le document sera au même prix (d’où l’intérêt de privilégier les petites librairies).

BIEN !

Couplons ceci avec le DDP, comme droit de prêt. (Faut bien faire manger les auteurs). Car si le bibliothécaire vous demande de payer la somme exacte du livre et pas 1 centime de plus, c’est grâce à l’Etat qui paye le DROIT DE PRÊT pour vous. Ben oui, il verse 1,50 € par inscrit en BM et 1 € en bibliothèque universitaire.

MAIS VOILA

Nous allons bientôt toucher le fin fond du problème, racler la vase de l’étang et manger les pissenlits par la ra… non, je m’égare.

L’Etat prend donc en charge le droit de prêt des livres… mais pas celui des DVD.

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une bibliothèque municipale ne peut pas prêter des documents au petit bonheur la chance, comme elle l’entend. Ça serait trop simple. Elle doit avant tout s’acquitter de droits auprès d’un fournisseur agréé.

Et là, le discothécaire, jusqu’alors débonnaire, commence à tirer la tronche et à sombrer dans une profonde dépression. Tombe dans une spirale infernale, devient alcoolique, se drogue et vous demande de rembourser une somme astronomique… NON ! Cessez de m’interrompre je vous prie !

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Il existe en fait plusieurs types de droits : prêt, projection, consultation, enseignement, location… tout dépend ce que vous voulez faire. En bibliothèque, les plus utilisés sont les droits de prêt (naturellement) suivi par les droits de projection.

Chacun de ces droits entraîne un coût supplémentaire sur le DVD : à titre d’exemple, début 2017 chez le fournisseur ****, le volume 1 de la série Naruto Shippuden (sortie en 2002) est à 119€ prêt + consultation.

Chez ***, X-men est à 49€50 – alors que vous pouvez le trouver à 2€40 dans une grande surface culturelle de type FNOUC.

MAIS CE N’EST PAS TOUT !

Ce prix extravagant que paye la bibliothèque ne concerne QUE le support que vous avez entre les mains. Pour simplifier, si vous décidez de gruger discretos en rachetant un DVD à 5€ au lieu de 70€, ce n’est pas LEGAL, car le droit de prêt n’aura pas été attribué sur le DVD à 5€.

Voilà pourquoi le bibliothécaire vous demande OFFICIELLEMENT de rembourser  *saisissez ici une somme exorbitante*€.

Et ils ne pourront même pas payer leurs vacances avec votre chèque, car les sous ne retourneront pas à la bibliothèque, mais partiront au Trésor Public.

Et paf, CQFD.

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Question de lecteurs : Comment bloquer des livres sur une étagère ?

Question n°641 de Kévin, 12 ans Comment bloquer des livres sur une étagère ?

Extrait – totalement officiel – du journal Le petit détective Alexandrin, rapporté par Ibn al Qiftî – 5 décembre 641

« On vous ment !

Ce matin, nous marchons sur les restes encore fumants de ce qui fût la plus grande bibliothèque du monde. Le petit détective Alexandrin mène l’enquête pour vous ! En effet, il semblerait que cette tragédie soit plus complexe que ce que l’on a tenté de vous faire croire !

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Selon nos sources – et au vu des indices trouvés sur le lieu du drame – une pile de rouleaux se serait effondrée d’une des niches sur le bibliothécaire. La bougie qui l’éclairait aurait alors mis le feu aux livres et l’incendie se serait propagé à grande vitesse sur les différents étages. « 

C’est suite à cette tragédie que de nombreux scientifiques se penchèrent sur le sujet et, dans le plus grand secret, élaborèrent un objet astucieux permettant de bloquer des tablettes, des rouleaux ou des livres sur les étagères.

Si l’Histoire de cet objet reste très nébuleuse, aujourd’hui encore, les bibliothécaires – par devoir de mémoire et pour éviter de reproduire une telle catastrophe – utilisent ce qu’ils appellent des « serre-livres« .

Il s’agit – selon Larousse – d’un « accessoire en équerre, de forme décorative, destiné à maintenir des livres debout les uns contre les autres ».

Cependant, ce n’est qu’en 1877 qu’on retrouve officiellement un brevet américain déposé par William Stebbins Barnard : le serre-livre métallique en forme d’équerre qui utilise le poids des livres eux-mêmes pour les retenir.

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Patent US186974

En France, c’est 60 ans plus tard – le 26 octobre 1939 – que la demande de brevet pour les serre-livres de bibliothèque est déposée par les établissements Baudet, Donon et Roussel :

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En bibliothèque, ils sont majoritairement en plastique ou en métal, mais aujourd’hui, pour les lecteurs tels que vous et moi, le choix est illimité, que ce soit en matériaux : bois, verre, géodes, métal, plastique… ou en formes : animaux, paysages, monuments, véhicules

Bref, que vous soyez fan de comics ou d’écologie, les serre-livres sont devenus des oeuvres d’art et vous trouverez forcément celui de vos rêves ! Voici une petite sélection de tout poil :

Pour vos livres de contes et de légendes, KnobCreekMetalArts vous propose ce magnifique serre-livres :

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Pour votre collection d’heroic fantasy, mycrazystuff.com vous propose ce serre-livres Guillaume Tell :

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Pour votre Shakespeare en pleiade, vous trouverez sur art-goodies.com celui-ci :

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Grace à Etsy, vous pourrez caler votre collection S.F.

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Sur le même site, vous pourrez éclairer les ténèbres dans lesquelles vous êtes plongés :

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Si vos ouvrages ne manquent pas de tranchant, Amazon a la solution :

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Et, pour boucler notre sélection, voici pour maintenir vos incunables hentai, le serre-livres tentaculaire de KnobCreekMetalArts :

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Sinon, si vous êtes aussi radin économe que moi, vous pouvez utiliser vos objets du quotidien ou les cadeaux déco que l’on vous a offert, pour bloquer vos livres.

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ENFIN, pour faire plaisir à votre maman lors de la fête des mères, l’Infra-Monde vous offre ce magnifique TUTODECO pour réaliser vous même un magnifique serre-livres top-design :

Vos livres sont mal calés sur vos étagères et perturbent les ondes positives qui parcourent votre salon ?

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PAS DE SOUCIS ! L’Infra-Monde a la solution ! Vite ! munissez-vous de feutres, de tampons trop mignons, d’un bout de ruban et de tout ce que vous voulez pour customiser un magnifique rouleau ( 😀 )… de papier toilette :

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Custooo
Gif-Tuto à 100 euros

 

Merci au guichet des savoirs pour les brevets 😉

Questions des lecteurs : Le bibliothécaire de ma ville m’a dit d’aller à la discothèque, mais je ne sais pas danser. Que faire ?

bestanimations.com

Question n°500 de Dr. Brown, 78 ans – Le bibliothécaire de ma ville m’a dit d’aller à la discothèque, mais je ne sais pas danser. Moi, je voulais juste un CD. Que faire ?

Nom de Zeus, Doc, pas d’inquiétude ! Votre bibliothécaire ne parlait pas de la discothèque où l’on danse, mais de celle où l’on peut trouver des documents sonores qui pourront vous servir à vous déhancher.

Point d’suspens, point d’mystère : il ne s’agit là que d’un des divers espaces de votre médiathèque.  Là bas, vous ne trouverez ni D.J. branché, ni boule à facette, mais plutôt un large choix de CD et de documents numériques de divers formats ; des clefs USB chargées de pistes sonores mp3, par exemple.

D’ailleurs, plusieurs autres secteurs peuvent avoir des noms tout aussi étranges… hum, j’ai une idée, Doc ! Prenons une voiture à remonter dans le temps et direction la Grèce Antique !

Quoi ? Marty a encore volé votre machine pour aller draguer ?  Bien. Euh… sortons un dictionnaire étymologique alors. C’est moins sexy mais bon…

‘Voyez le suffixe « -thèque » ? Il signifie « boîte où l’on dépose quelque chose » (merci CNRTL) . Aujourd’hui, il s’emploie pour un lieu qui renferme certaines choses qui ont vocation à être diffusées. La BIBLIO-thèque par exemple sera un lieu qui renferme des livres.

Maintenant que nous avons compris le principe, amusons nous à deviner ce que contiennent ces lieux :

  • Artothèque
  • Discothèque
  • Grainothèque
  • Ludothèque
  • Médiathèque
  • Vidéothèque ou DVDthèque

… tout des trucs en ‘thèque quoi. Attention, certains mots n’ont rien à voir avec le milieu des bibliothèques : hypo-thèque par exemple ou encore az-thèque, pas-thèque…

Roooh ! S’il vous plait, un peu de sérieux !

Au fait, comment appelle-t-on les bibliothécaires qui travaillent en discothèque ?  … Les discothécaires, pardi !

Voilà, Doc, vous savez tout. Vous n’avez plus qu’à découvrir la discothèque de votre ville et vous enjailler des dernières acquisitions des discothécaires.

Let’s Dance !

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Questions des lecteurs : Mais… est-ce que vos livres changent de place ?

Question n°12 d’Harry, 9 ans 3/4  Mais… est-ce que vos livres changent de place ?

Que se passe-t-il lorsque les portes de la bibliothèque se referment sur les livres ? Quand les lumières s’éteignent, plongeant les étagères dans le noir ? Quand les bibliothécaires donnent un dernier tour de clef dans les serrures de leur établissement ?

Et bien tout cela, Harry, personne ne le sait… j’ai juste entendu dire qu’étrangement, toutes les caméras de surveillance se désactivent quand le public n’est plus là…

A ma connaissance, les documents ne changent de place dans la bibliothèque que si :

  • Ils sont empruntés par d’autres usagers,
  • Des lecteurs ont mal rangé lesdits documents…
  • Ta bibliothèque est en pleine restructuration (mais si, pour mettre le nouveau secteur jeux-vidéo à la place du secteur cassettes audio/vidéo et CD-ROM),
  • Des bibliothécaires s’en servent pour une animation (Comment ?! Tu n’as pas vu qu’il y avait une exposition sur le roman policier dans ta bibliothèque ?).

Mais… si tu tends l’oreille, un jour, tu entendras peut-être certaines rumeurs : des livres qui disparaissent mystérieusement… des lecteurs qui affirment avoir rendu leurs documents devenus « introuvables »… des présentoirs qui se volatilisent… des DVD qui changent de boitiers… ou même, des documents que l’on ne retrouve que 3 mois plus tard, cachés derrière un radiateur ou sous une étagère.

Autant de cas non résolus qui laissent planer un voile sombre de mystère sur ta bibliothèque.

Ou alors…

Inframonde myths